
La semaine dernière, la politique britannique a surchauffé : un Premier ministre a démissionné et Kemi Badenoch, la chef des Tories, décrite comme « une paire de cils dans un t-shirt noir », a fait irruption. Dans ce contexte instable, Andy Burnham, maire du Grand Manchester, s'apprête à dévoiler son programme économique. Son discours à Manchester, ville qu'il dirige, devrait être un moment clé de sa campagne pour devenir Premier ministre. Burnham cherche à se distancier du gouvernement impopulaire de Keir Starmer, qui a reçu des critiques majoritairement négatives en deux ans.
Burnham, surnommé le « Roi du Nord », tente de concilier une image de représentant du peuple avec des plans économiques ambitieux. Sa récente victoire décisive à l'élection partielle de Makerfield reposait sur l'image d'un homme du peuple, très différent de l'élitiste Starmer. Cependant, cette image a été ternie lorsqu'il a nommé James Purnell, un ancien conseiller de l'ère Blair qui dirigeait auparavant un cabinet de lobbying, comme chef de cabinet. Les critiques y voient un signe de continuité avec la politique de Starmer, plutôt qu'une rupture.
Dans son discours, Burnham devrait demander au public britannique dix ans pour transformer l'économie en retard. Cela rappelle les promesses de Starmer faites quelques semaines avant sa démission. Pour réaliser ce plan, il faudra gagner deux élections générales, et la grande question est de savoir quand aura lieu la première. Les conseillers de Burnham, l'ancien patron de Goldman Sachs Jim O'Neill et l'ancien économiste en chef de la Banque d'Angleterre Andy Haldane, ont proposé des moyens innovants de lever des fonds sans enfreindre les règles fiscales de Rachel Reeves.
Ces règles fiscales, inscrites dans le manifeste travailliste de 2024, étaient conçues pour entraver le gouvernement Starmer, subordonnant le renouveau économique aux humeurs des marchés obligataires et de la presse. Burnham semble prêt à s'affranchir de ces contraintes pour stimuler les investissements dans les infrastructures et l'industrie. Son approche pourrait le mettre en conflit avec ses propres députés d'arrière-ban, qui jusqu'à présent n'ont pas montré beaucoup d'enthousiasme pour améliorer la vie des Britanniques ordinaires.
Malgré les signaux contradictoires, Burnham reste une figure populaire dans le Nord de l'Angleterre. Sa promesse de « faire en sorte que les lieux se sentent à nouveau aimés » reflète un désir de revitaliser les régions touchées par des décennies de déclin économique. Cependant, les critiques soulignent les contradictions de sa politique : d'un côté, il prône l'investissement public, de l'autre, il nomme des conseillers issus des milieux financiers. Le succès de son programme dépendra de sa capacité à unir les différentes factions travaillistes et à convaincre les électeurs de sa sincérité.
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