
Mariana Mazzucato est une figure majeure de l'économie contemporaine, connue pour ses travaux sur l'État entrepreneur et l'économie de mission, axée sur des objectifs « moonshot ». Son public est large, allant d'Andy Burnham, figure montante, au Pape, en passant par les organisateurs du carnaval brésilien et Marco Rubio, à droite de la politique américaine. Ash Sarkar a rencontré Mariana Mazzucato devant un public en direct au EartH Theatre à Hackney pour discuter des idées de son nouveau livre, « L'Économie du bien commun ».
La conversation a porté sur les raisons pour lesquelles Keir Starmer et Rachel Reeves, qui ont adopté le langage des missions de Mazzucato, n'ont pas réussi à obtenir des résultats, et sur les leçons qu'Andy Burnham peut en tirer. Comment définir le bien commun et comment les secteurs privé et public doivent-ils collaborer pour l'atteindre ? Pourquoi l'État est-il si efficace pour atteindre ses objectifs en temps de guerre et si inepte en temps de paix ? Comment concilier le besoin d'expérimentation et la liberté d'échouer avec l'exigence de transparence dans le secteur public ? Et devons-nous consacrer notre temps limité à construire un système fondamentalement différent, ou réparer le capitalisme est-il l'objectif le plus radical pour les progressistes ?
Mazzucato soutient que les gouvernements comprennent souvent mal leur rôle dans l'économie, se concentrant sur la correction des défaillances du marché plutôt que sur la formation active des marchés. Elle plaide pour un État qui non seulement régule, mais investit, prend des risques et crée de nouvelles directions. Sa notion de « missions » implique de fixer des objectifs ambitieux, comme la transition vers une économie verte, et de coordonner les efforts de tous les secteurs pour les atteindre.
Les critiques soulignent que l'approche de Mazzucato pourrait conduire à une intervention excessive de l'État et à une bureaucratisation. Cependant, elle insiste sur le fait que sans un rôle actif de l'État, il est impossible de résoudre des problèmes majeurs tels que le changement climatique ou les inégalités. Des exemples d'investissements publics réussis, comme Internet ou le GPS, montrent que l'État peut être un moteur d'innovation.
En fin de compte, le livre de Mazzucato propose une refonte du capitalisme où l'État joue un rôle de premier plan dans la création du bien commun. Elle appelle à un nouveau contrat social fondé sur la coopération plutôt que sur la concurrence. La question est de savoir si les politiciens et la société sont prêts à accepter ces changements.
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