L'Ouzbékistan envisage d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans

Le gouvernement ouzbek examine actuellement la possibilité d'introduire des restrictions légales concernant l'utilisation des réseaux sociaux par les mineurs de moins de seize ans. Cette proposition a été annoncée par Ezozkhon Karimova, ministre de l'Éducation préscolaire et scolaire, lors d'un événement ministériel le 26 juin. La ministre a confirmé que des discussions préliminaires avaient déjà eu lieu avec les députés et les sénateurs du pays. Un projet de loi est en cours de rédaction et devrait être soumis prochainement à une consultation publique pour recueillir les avis de la société civile. Cette initiative s'inscrit dans une volonté accrue de protéger les jeunes citoyens dans l'environnement numérique.
Karimova a insisté sur le fait que l'objectif n'est pas d'éloigner les enfants des smartphones, mais plutôt de promouvoir un usage responsable grâce à des garde-fous juridiques. Elle a souligné qu'il est impossible de simplement retirer les téléphones des mains des enfants à l'ère technologique actuelle, car ils en ont besoin pour communiquer et apprendre. Cependant, il est impératif d'établir une culture de l'utilisation limitée et encadrée de ces appareils. La ministre estime que des réglementations claires sont nécessaires pour guider les familles et les écoles dans la gestion du temps d'écran. Elle croit fermement que ces mesures aideront à prévenir les risques associés à une exposition excessive aux écrans.
Actuellement, les élèves ouzbeks sont déjà tenus de laisser leurs téléphones portables avant d'entrer dans les établissements scolaires selon des règles existantes. Néanmoins, la ministre a reconnu que l'application de ces consignes reste inégale et dépend fortement des écoles individuelles. Dans certains endroits, les règles sont strictement respectées, tandis que dans d'autres, elles sont souvent ignorées en raison d'un manque de surveillance adéquate. Pour remédier à cette situation, le gouvernement souhaite renforcer l'application de la loi au niveau national. L'idée est d'imposer une restriction légale claire pour empêcher les moins de seize ans d'utiliser les plateformes sociales.
Ce débat reflète les préoccupations similaires observées dans toute la région d'Asie centrale face à l'exposition des enfants aux contenus nuisibles et au cyberharcèlement. Le Kazakhstan a récemment envisagé des amendements législatifs pour interdire l'enregistrement sur les réseaux sociaux aux mineurs de moins de seize ans, tout en excluant les services de messagerie. Les autorités kazakhes ont signalé environ deux cents cas de harcèlement impliquant des enfants en 2025, ce qui a accéléré les appels à une régulation plus stricte. Des mécanismes de vérification de l'âge, comme l'enregistrement des cartes SIM, sont également explorés dans ce pays voisin.
Une discussion analogue a eu lieu l'année dernière au Tadjikistan, où des législateurs ont proposé d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de quatorze ans. Les partisans de cette mesure mettaient en avant la protection contre les contenus violents, tandis que les critiques privilégiaient l'éducation et la littératie numérique. En Ouzbékistan, aucun projet de loi n'a encore été publié officiellement, mais Karimova a indiqué qu'une phase de discussion publique précéderait toute soumission législative. Cette approche transparente vise à assurer un large consensus avant la mise en œuvre de nouvelles restrictions numériques pour les mineurs.
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